La création des lycées français de Londres en Janvier 1915

 

En couverture de La Chronique de Londres du samedi  23 Janvier 1915, Maurice Froyez consacre un article aux lycées français de Londres dont la création a été achevée cette semaine-là.

lycee francais creation Chronique 23 Jan 1915

Le journaliste précise la fonction de ces établissements : « Il donne l’instruction française aux fils de nos compatriotes, résidant loin de la mère patrie, afin de les préparer aux examens indispensables pour les différents  Mandarinades  (sic) dont le baccalauréat est la clé de notre pays. Sans cet établissement secondaire, les parents se trouveraient dans la nécessité de soit d’envoyer leurs enfants au collège loin d’eux sur le continent, soit de négliger l’éducation qu’ils ont à cœur  de leur donner. » Ce paragraphe nous informe que les Français peuvent être instruits dans l’établissement pour être préparés au baccalauréat. Surtout, le lycée est décrit comme un pont entre la France et l’Angleterre « depuis trop longtemps séparés par des malentendus séculaires. » Plus loin, le journaliste déclare : «  le lycée français aidera plus que tout autre [activité] à cette œuvre de rapprochement, » dans la droite lignée de l’Entente Cordiale, mise en place par Paul Cambon, qui est remercié à ce propos dans l’article.

Maurice Foyez explique aussi dans un autre paragraphe que l’établissement n’est pas réservé aux francophones : « Un Lycée Français assure également sur place aux fils d’étrangers une plus parfaite connaissance de notre langue et de notre domaine intellectuel ; il leur donne la curiosité de notre littérature et de nos sciences. »

« les Français ont une déplorable habitude surtout à l’étranger (nous sommes entre nous je puis bien le dire) c’est celle de ne pas vouloir se sentir les coudes (sic) ; chacun veut tirer la couverture de son côté, sans s’occuper du voisin, dont il se méfie d’avance… C’est un fait que j’ai été trop souvent amené à constater »

Puis, le journal dit que la création fut financièrement difficile ; il fallut, de plus, trouver un local approprié pour accueillir les élèves. Ce fut un défi d’autant plus grand que, selon Froyez, « les Français ont une déplorable habitude surtout à l’étranger (nous sommes entre nous je puis bien le dire) c’est celle de ne pas vouloir se sentir les coudes (sic) ; chacun veut tirer la couverture de son côté, sans s’occuper du voisin, dont il se méfie d’avance… C’est un fait que j’ai été trop souvent amené à constater » En lisant cette dernière phrase, j’ai pensé que les auteurs d’articles de ces temps-là  donnaient leur avis sur les choses alors que dans nos jours la presse est moins incisive. Le journaliste continue son analyse et reconnait l’importance des Anglais qui aident à pérenniser les institutions françaises : « Les œuvres intellectuelles françaises ne pourraient guère vivre en dehors de la métropole si elles n’étaient soutenues que par nos compatriotes. »

Billet rédigé par Martin de Montille, élève de 6ème au lycée français Charles de Gaulle de Londres
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